Courtes Lignes



L
a fleur du rêve n’a pas d’âge,
C’est avec des mots qu’on la cueille.
Elle parle aux fous comme aux sages,
Offre en saveur ce qu’on effeuille.

 

__Lp__

Plus loin



Où sont allés les gens heureux ?
Ils sont partis faire un voyage
Bien avant que les paysages
Ne se transforment peu à peu.

Où sont partis les amoureux ?
Ils sont allés prendre le large
Assis dans une grande barge
Loin des nuages ténébreux.
 

__Lp__
 

Ne pleurons plus sur nos amours éteints,
La pluie à jamais les noyait.
Ne pleurons plus sur nos amours défunts
Que le vent dispersait aux quatre coins du monde…

__Lp_

C
onnais-tu ce refrain qui dit à l’alouette
De porter dans la ville, au cœur de ses faubourgs,
La nouvelle à tous ceux qui s’aiment en secret ?
Lorsque le rossignol le reprend à son tour
C’est pour le diffuser à la tombée du jour,
À tous ceux qui ne sont pas encor des amants,
Pour qu’ils puissent au moins
juste le temps d’un rêve,
Le devenir un soir, une nuit, un matin.
 

__Lp__

Automne

Chevelures éparses dans le plat de la lande,
Éclats de douces vies aux restes édifiants,
Topazes et rubis embraseraient l’espace
S’ils ne se retrouvaient au sol, cependant.

__Lp__
 

Le paradis que tu construis,
C’est comme un lit où tu te couches.
Tu froisses tout pendant la nuit,
Au matin tu refais ta couche.

__Lp__
 

Les mots sont beaux, même si les gestes sont rares…

... C’est toujours ça.
 

__Lp__

Il faut relire encore les mots de notre enfance,
Voir ce qu'en fit le sort qui nous les a donnés ;
Pouvoir vivre toujours sans plus se soucier
De ce que les discours remplacent d'amitié,
Aussi, se séparer de certaines souffrances
Dont les desseins sont tels qu’on ne sait en parler ;
Puis des traces laissées qu'offre tant l'indolence
À nos cœurs esseulés de trop d'indifférence.
 


©Lydia Pavot


 

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