Que dis-tu le monde ?
 


A l'hameçon des âmes cœur



Ce monde est comme un hameçon
Me disait un gentil poisson ;
Il s’étend loin vers l’horizon,
Proliférant à sa façon
Par tous les vents, sur tous les tons.
Lors il commence à prendre place
Dès qu’on lui accorde une grâce.

Ainsi parti en promenade,
Il se faufile, se balade
Pour prodiguer ses bons offices
En paroles, non en services !
Et s’il peut s’infiltrer ici,
- Car il irait bien jusque là, -
Pour mieux diriger votre vie,
Prendra place en votre habitat.

Sans vous prévenir, malicieux,
Il semble descendre des cieux
Mine de rien, moyennant quoi
Vous harponne encore une fois.
Or, à le regarder de près
Il est tordu, tout maigrelet,
Même en sachant prendre il est vrai
De faux airs bien loin d’être laids.

Alors sans trop savoir pourquoi,
Vous tournez le dos à cela
Car votre expérience est bien là,
Qui vous crie gare hé ! Méfie-toi !!


__*__


Lorsqu'un jour



C'était un petit chien, un petit: viens, un petit rien.
C'était un grand chagrin, un grand jardin un grand sapin.

Il venait de la nuit, tout ce parfum d'extase
Sous la voûte infinie, silencieux, sans emphase.

C'était un grand vaisseau, un grand château, un grand bateau.
C'était un grand courant, un grand moment, un grand serment.

Il émanait du jour, le chant d'une cigale
Sous l'été étouffant qui n'a pas son égal.

Sur tous les toits des villes les pigeons roucoulaient
Quand sur quelques presqu'îles, des hommes se mouraient.
Et la terre tournait : toujours la même ronde
Et les oiseaux chantaient aux quatre coins du monde
Quand des chemins de fer pourfendaient les montagnes,
Quant à un train d'enfer, diminuait la campagne,
Que lentement, les mers se polluaient sans gémir,
Que tous les animaux enduraient le martyr !

Lorsqu'un jour, peu à peu, quelque chose changea ;
Les humains malheureux refusant le trépas
Cessèrent tout combat pour des pouvoirs désuets,
Refusant pour toujours de demeurer muets.

Lors, ce fut un grand souffle, un grand bruit, un grand cri.
Un immense réveil, grand mouvement aussi.

Et le respect sortit de sa gangue d'oubli,
Étendit son regard, son écoute… Sa Vie…


 


  Lydia Pavot ©

 


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